BANNIÈRE ÉTOILÉE

Le titre : Tell Mama

L’artiste : Etta James

Le format : 33T/30 cm

La date de sortie : 1968

Le genre :  Grosse décharge

C’est qui ?:  Une grande chanteuse qui sait tout faire

Qui joue dessus ?: Etta James, Carl Banks, Albert Lowe Jr et tant d’autres. Tout le personnel des studios Fame. Que des tueurs.

Comment ca sonne ? : Au paradis, les anges mettent ce disque pour danser

Qualité du pressage :

Excellentissime.

Bear Family – Réédition GER de 2014.

Ce qu’on en pense :

Alors c’est pas dur. Posez le disque sur la platine. Attendez deux secondes, ou trois, ça dépend de l’amorce. Et là….laissez vous faire.

Petit roulement de batterie. Cuivres et guitare funky par dessus. Deux fois. Décollage des cuivres, en même temps que l’entrée de la voix. Pas n’importe laquelle, une de ces voix vibrante qui vous parle directement, « down to your soul » comme dirait Nick Cave. Puis les cuivres, un peu plus en avant et là, le refrain. Si vous n’êtes pas tombé dans les pommes, vous remarquerez qu’en plus, derrière, il y a une ligne de basse qui tue.

On exagère à peine, mais si vous n’arrêtez pas immédiatement ce que vous être en train de faire à l’écoute du premier morceau de ce disque (Tell Mama) c’est que vous êtes sourd. Comme ils sont prévoyants chez Fame, le deuxième morceau est d’un tempo et d’un registre différent, aussi vous pourrez vous remettre. Jusqu’au morceau suivant (Watch Dog) qui sera du même tonneau et vous fera vous demander si vous pourrez survivre. Tué par le groove, c’est possible? A ce rythme, on ne verra jamais la face B….Adieu….vous direz à mes enfants que…aaaargh….

En 1967, et sur les conseils de Leonard Chess (le Léo de Chess Records : Muddy Waters, Howlin’Wolf, Bo Diddley, Chuck Berry – manque plus que le bon dieu), Mme James prend son courage à deux mains : en route pour l’Alabama ségrégationniste et les studios Fame de Rick Hall, à Muscle Shoals. Le studio qui a en partie établi les tables de la lois de la musique soul (Aretha Franklin y enregistrera « Respect »). Un truc improbable, comme seuls les Etats-Unis en produisent. Que des blancs bossant pour un studio prêt à magnifier la musique noire américaine. Tout cela en pleine campagne, au milieu des vaches, des concessions John Deere et des connards qui refusent encore à l’époque que les noirs puissent s’asseoir ailleurs qu’au fond du bus (entre autres…).

Le résultat : des sessions de la mort, qui produiront ce disque, un des plus grands albums de soul-music jamais publié. Avec, comme de coutume au Studio Fame, des musiciens qui défoncent tout. Que des types qu’on retrouve sur les enregistrements de Wilson Pickett, Otis Redding ou Aretha Franklin, sorte d’aristocratie des musiciens de sessions. Des types inconnus du grand public mais qui ont pourtant écrit le livre et porté la musique américaine des années 60 à son firmament. Si en plus le chant est exceptionnel, on vous laisse imaginer le carton.

Magnifiquement réédité par le label « Bear Family » (des allemands spécialisés dans les rééditions de la musique américaine des années 50/60, comme quoi…), cette version de 2014 sonne comme jamais. Si vous l’écoutez sur Itunes music, c’est pas grave, cela marche aussi, et vous serez également anobli par le groove d’Etta James. Si vous avez une âme.

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