ROBERT ALLEN ZIMMERMAN

Le titre : Shadow Kingdom

L’artiste : Bob Dylan

Le format : 2x33T/30 cm

La date de sortie : 2023

Le genre :  Prix Nobel

C’est qui ?:  Le président des Etats-Unis

Qui joue dessus ?: Bob Dylan et son groupe

Comment ca sonne ? : Comme un groupe de baloche (pas péjoratif – aux Etats-Unis ils savent le faire).

Qualité du pressage :

Bonne.

Columbia / Legacy – Pressage US

Ce qu’on en pense :

Depuis quelques années, avec son Neverending Tour, Dylan essaie de nous faire une «Molière». Mourir sur scène, trop la classe! Même si apparemment Molière est mort chez lui, certes juste après avoir interprété Le malade Imaginaire pour la quatrième et dernière fois, instaurant ainsi la légende. Mais question légende, c’est pas un p’tit français mort depuis des lustres qui va faire peur à Dylan. (P’tit français c’est juste pour les américains et leur vision du monde, hein – personne ne doute ici que Molière n’était pas exactement petit ).

Ce disque n’est pas un album studio, mais la captation d’un concert donnée en 2021 par le plus célèbre des juifs errants pour une plateforme de streaming (pas distribué en Europe, mais pour les fans congénitaux une vidéo pirate existe).

Dylan est souvent critiqué pour désormais interpréter sur scène les classiques de son répertoire de façon erratique, à tel point qu’on reconnaît à peine les morceaux. Contrairement à certaines formations historiques de sa génération, dont la set-list est uniquement constituée d’une sorte de best-of (Mick t’es sur qu’on joue « Satisfaction » ?, j’en ai marre– Ta gueule, si on le fait pas on pourra plus vendre des t-shirts 50 balles, et si t’arrives encore, avec ton arthrose, à sortir le riff sans merder on pourra s’estimer heureux, isn’t it ?), Dylan, lui, s’en fout complètement. Je suis Bob Dylan et je fais ce que veux.

Il a 82 ans…Rien que de le dire, ça fait bizarre. Il en avait donc 80 tout rond lors de cet enregistrement. Et cela s’entend. Même si la voix, cela n’a jamais vraiment été le sujet avec Dylan, ajoutant à la fascination qu’il peut exercer. Comment c’est possible de chanter des merveilles avec une voix de canard asthmatique? Là, on est pas loin du paquet de gravillons collé sur les cordes vocales, mais contrairement à certains de ses confrères encore vivant et du même âge, McCartney le premier, c’est moins gênant. (Pour Jagger, on ne sait pas comment il fait, sa voix à changé et perdu en puissance, mais il n’a pas une voix de pépé comme ses copains. Une doublure? Il en est capable).

Et chose étrange, on comprends mieux ce qu’il raconte que sur les enregistrements studio. Et là, pour les petits français, c’est le Pérou. Avec notamment une version mortelle de « Tombstone blues » (The sun is not yellow / It’s a chicken… si c’est pas la classe ça). De plus, le groupe et les arrangements sont parfaits.

Tout ça pour dire qu’en 2023, au même âge que Philippe Pétain lorsqu’il s’est retrouvé en position de détruire la République Française, Bob Dylan a sorti un bon disque.

Même si on ne l’a jamais vu, qu’on ne le connaît pas, on se sent étrangement anobli et quelque part on est heureux d’être son contemporain, d’aller tranquillou chez le disquaire et de ressortir l‘album sous le bras. Même à Vichy.

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