
Le titre : I’m Just a Prisoner
L’artiste : Candi Staton
Le format : 33T/30 cm.
La date de sortie : 1970
Le genre : L’Amérique comme on l’aime
C’est qui ?: Une chanteuse de l’Alabama
Qui joue dessus ?: Candi Staton et les musiciens du studio Fame
Comment ca sonne ? : Cool as fuck
Qualité du pressage :
Parfaite.
Réédition de 2023 – Kent Soul – Pressage UK
Ce qu’on en pense :
Les gens du labels Kent, une sous-division du label anglais Ace Records, on devrait leur donner une médaille. Déjà responsables d’un nombre incalculable de rééditions parfaites, ils viennent de rééditer le deuxième album de Candi Staton, un truc absolument introuvable en vinyle depuis des lustres de ce coté de l’Atlantique. Avec notes de pochettes et son nickel. C’est carrément Noël !
Si vous aimez la musique populaire américaine des années 60, vous allez transpirer juste à l’énoncé du programme : enregistré en 1969 à Muscle Shoals – Alabama, produit par Rick Hall, et personnel engagé pour les sessions : les musiciens du label Fame. Le grand chelem de la nation soul (si cela vous intéresse, vous pouvez lire l’excellent livre de Peter Guralnick sur le sujet : « Sweet Soul Music »/ Editions Allia. D’ailleurs vous pouvez lire tout ce qu’a publié Guralnick, c’est systématiquement excellent).
Dans les notes de pochettes, Candi Staton raconte qu’elle a, le même jour, rencontré Clarence Carter (co-auteur de certains des morceaux), rencontré Rick Hall et signé sur le label Fame, avec distribution Capitol Records. Et ensuite, zou, tout le monde en studio pour une première session qui a donné « I’d rather be an old man sweetheart (than a young man’s fool) ». Une tuerie intégrale, à en perdre ses cheveux, et à la hauteur des meilleurs enregistrements du label. Et le reste de l’album est excellent, avec tout l’attirail du label Fame vent debout : qualité d’écriture, groupe de tueurs, section de cuivres de l’enfer, groove létal et chant habité, comme pour toutes les grandes chanteuses de soul-music (elles viennent toutes du Gospel, ça doit aider).
Digression sur le terme « soul-music » :
On ne sait pas trop ce que ça veut dire et cela sonne un peu ronflant comme titre. Du rythm‘n’blues ? Sûrement. En tout cas, pas du R’n’B comme on l’entend aujourd’hui. (Entrez R&B sur Itunes Music ou Spotify et vous prendrez la mesure du malentendu). En fait, on peu considérer que la soul-music, c’était le rock’n’roll des afro-américains. Au moins, cela, il ne se l’ont pas fait piquer par des petits blancs venus d’Angleterre.
Tout ça pour dire que ce genre de disque, un parmi tant d’autres publié à cette époque, révèle le puits sans fond qu’est la musique populaire américaine de la deuxième moitié du XXème siècle, encore vivace même à 50 ans de distance.
Le genre de truc qui fait qu’on se retrouve aujourd’hui à acheter plus de rééditions que d’albums sortis récemment, au risque de passer pour un vieux con, mais on s’en fout. Comme disait Philippe Paringaux : « c’est ceux qui aiment qui ont raison ».