« JESUS DIED FOR SOMEBODY’S SINS, BUT NOT MINE »

Le titre : Wild God

L’artiste : Nick Cave and The Bad Seeds

Le format : 33T/30 cm.

La date de sortie : 2024

Le genre : Saville Row

C’est qui ?: Un mec qui a assisté au « couronnement » du prince Charles, non de Charles III, non de…en fait, on s’en fout

Qui joue dessus ?: Nick Cave, Warren Ellis, Thomas Wylder, Martyn Casey, Jim Sclavunos, George Vjestica, Carly Paradis

Comment ca sonne ? : Mal

Qualité du pressage :

Pas top.

Édition originale de 2024 – Bad Seed / Play it again Sam– Pressage UK

Ce qu’on en pense :

Nick Cave, c’est le genre d’artiste dont on attend la sortie des disques. Un type qui vous fait aller chez le disquaire le jour de la sortie, pour rentrer immédiatement à la maison et écouter l’album, le téléphone débranché. Le type qui a écrit «Jubilee Street », « The Mercy Seat », « Tupelo », « Red right hand », « Papa won’t leave youy, Henry », etc, etc…la liste est longue.

Ayant écouté le (bon) « single » (« Wild God »), mais tout de même un peu anxieux considérant la tournure qu’avait pris sa musique sur ses dernières publications, on pose le disque sur la platine. Et là, dès les premières mesures, on se demande ce qu’il se passe. Au niveau du son, et au niveau des arrangements.

On savait, depuis le départ de Mick Harvey et de Blixa Bargeld, que ses disques sonnaient différemment, la production étant désormais largement assurée par Warren Ellis. Et à l’écoute de l’entame du disque, la pire de tous les albums publiés par Nick Cave and The Bad Seeds, on se demande si l’apport de Warren Ellis est vraiment bénéfique. Si, quelque part, on aurais pas envie de lui faire bouffer ses claviers, son MacBook Pro et sa barbouze de 30 cm de long. Et c’est sans compter sur l’emploi d’un chœur en arrière plan, façon gospel pénible, qui sera omniprésent sur l’ensemble de l’album. Sidéré, on constate qu’on est en train d’écouter le premier disque de Nick Cave dont on n’aime pas le son.

Et s’il n’y avait que les arrangements, pompeux comme une messe du Dimanche, on pourrait peut être passer outre, sauf que depuis quelque albums, le chant a lui aussi changé. Autrefois éructant, rempli d’animosité, d’acrimonie ou de colère, de tout ce que vous voulez sauf de mièvrerie, le chant est passé de la harangue vindicative à la plainte contrite. Le tout enrobé d’une « gospelisation » quasi permanente. C’est tout juste s’il ne fait pas péter une reprise d’ « Amazing Grace ». Etant tout blanc comme un croque mort, il ne doit pas oser…

Alors que reste t’il à Nick Cave? Le verbe, bien sur, qui est plutôt la spécialité de la grande saucisse australienne, surtout depuis qu’il passe sa vie à essayer de devenir Leonard Cohen, à répondre aux questions de ses fans sur son site (mais pas des questions sur sa marque de bière préférée, plutôt des trucs sur la mort, Dieu, la vie, Dieu, le chagrin, Dieu et Dieu), à publier des livres d’entretien sur son travail, ou à s’assoir sur scène pour répondre au public dans des célébrations du genre « An evening with Nick Cave ». Sauf que là aussi, on ne comprends pas trop ce qui se passe.

En effet, et depuis quelques années, Nick Cave parle sans arrêt du bon dieu. Il l’a toujours plus ou moins fait, sauf que désormais il a troqué le dieu colérique de l’ancien testament pour celui, beaucoup moins rock’n’roll, qui passe sa vie à glander au Vatican, et qui, franchement, emmerde tout le monde. (Si vous ne savez pas distinguer l’un de l’autre, c’est pas dur. Le premier a demandé à Abraham de sacrifier son fils pour éprouver sa foi, avant d’arrêter son bras au dernier moment – mouhahaha!, alors que le deuxième a laissé un connard flinguer John Lennon, c’est dire s’il est nul). En dehors de toute référence biblique, là ou encore récemment on pouvait entendre « I got love in my tummy, and a tiny little pain / and a ten ton catastrophe, on a sixty pound chain » on a « It’s Sunday morning and i’m holding your hand ». C’est pas que c’est pas bien, juste que le goût est …différent, et les images évoquées sont quand même, sur l’ensemble des textes, un peu fadasse sur les bords.

Si êtes parvenu à rester jusqu’à la fin de la première face (le deuxième morceau, « Wild God » étant tout de même excellent), il va falloir vous accrocher grave dès le début de la deuxième face, qui débute par le morceau « Conversion ». Tout commence a peu près bien sur les trois premiers couplets, malgré des arrangements pénibles, quand soudain…c’est le retour du chœur « gospel du dimanche », qui tout au long de la deuxième moitié du titre va bourriner la même phrase : « Touch by the spirit, touch by the flame »….Franchement, euh…., pffff, …maman !!! Si vous n’êtes pas parti en courant, il y a de forte chance que le morceau suivant vous achève, tant les arrangements, le texte (des chevaux cannelles…., un lune de fraise….), le chant plaintif et un contre chant pas top dans le fond du mix sont pénibles. Vous avez tenu jusque là ? Bravo, vous avez des oreilles d’acier.

Nick Cave a toujours eu la classe, en costard tout nickel. Mais depuis quelque temps, vous l’aurez surement remarqué, il porte systématiquement des cravates et se teint les cheveux, comme si on allait pas voir son âge…Le problème c’est que sa musique est devenue pareille : en cravate et avec une teinture à la con.

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