SYNDROME DE STENDHAL

Le titre : Idiot Prayer – Nick Cave alone at Alexandra Palace

L’artiste : Nick Cave

Le format : 2x33T/30 cm.

La date de sortie : 2020

Le genre : I am glowing, I am flying, look at me now!  

C’est qui ?: Le chanteur de Nick Cave & The Bad Seeds

Qui joue dessus ?: Nick Cave

Comment ca sonne ? : Comme un type jouant du piano dans le hall de Grand Central Station, un 25 Décembre.

Si c’est une réédition ou un vieux machin, est-ce que ça a bien vieilli ?

Sans objet

Ce qu’on en pense:

Quel artiste peut se ramener en disant: mettez moi juste un piano là, au  milieu de nulle part, et je m’occupe de tout, vous allez voir.

Posons la question :

Allô, Sir Paul Mc Cartney?: Oui, mais j’ai plus de voix, quelqu’un veut bien chanter à ma place? Son altesse Sir Mick Jagger?: Oui, certainly darling, mais qui sponsorise? Mister Neil Young?: Ouais ouais, mais je l’ai déjà fait et vous m’emmerdez, là, je passe le motoculteur. Monsieur Leonard Cohen?:  Je sais pas. Y’a le wi-fi au paradis ? Attendez, je demande.

Nick Cave, lui, il peut. Et les doigts dans le nez. Certes, il n’est il n’est ni mort, ni ménopausé comme ses compères cités plus haut.

Ne sachant pas quoi faire pendant le confinement, le chanteur australien à donné seul un concert, filmé dans un bâtiment victorien du XIXème à Londres et retransmis en streaming (payant, faut pas rêver non plus), où on le voyait jouer une partie de son répertoire, sur un piano posé au milieu d’un espace immense.

Répertoire, c’est bien le mot. Qui aurait cru que le junkie sorti d’un bled paumé d’Australie en aurait un? Qui aurait dit que le « chanteur » de The Birthday Party en deviendrait un? Sur cet enregistrement, Nick Cave, carrément en apesanteur, chante comme jamais et interprète ses compositions avec une aisance stratosphérique. Certains morceaux, dont les versions studios étaient déjà tétanisantes et dont on se demandait ce qu’elles pourraient bien donner jouées au piano, prennent une dimension nouvelle (« Higgs Boson Blues », « Papa won’t leave, Henry », « Jubilee Street »). Tout est dans la modulation. Celle de l’interprétation et celle du chant (« Are you the one i’ve been waiting for », par exemple).

Si vous aimez Nick Cave, ce disque vous laissera exsangue, interdit. 

PS 1: le pressage vinyle de cet enregistrement est absolument indigne, comportant des défauts entrainant des bruits de fond et des cliquetis intolérables qui donnent envie de pleurer. Nous avons directement contacté l’artiste et vous tiendrons au courant.

PS 2: la sécurité sociale anglaise devrait subventionner l’enregistrement du répertoire entier de l’artiste sous cette forme. 

2 réflexions sur “SYNDROME DE STENDHAL

  1. Excellent article, sur un album qui ne l’est pas moins. Des titres effectivement transfigurés qui laissent à penser que de Cave à Cale et ses « fragments of a rainy season », les pianos parlent d’une même voix.

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