
Le titre : The Death Of Randy Fitzimmons
L’artiste : The Hives
Le format : 33T/30 cm
La date de sortie : 2023
Le genre : Grosses guitares
C’est qui ?: Des Suédois
Qui joue dessus ?: Sir Howlin’ Pelle Almquist, Sir Chris Dangerous, Sir Nichlaus Arson, Sir Vigilante Carlstroem, Sir The Johan and Only
Comment ca sonne ? : Comme une tronçonneuse dans la forêt de Bambi
Qualité du pressage :
Pourrie, une vraie honte. Le seul disque qu’on a du racheter pour avoir une version limite potable (la basique, en pâte noire – n’achetez pas la version « cream » à la con vendue par la Fnac)
Disques Hives / Pressage POL de 2023
Ce qu’on en pense :
Bon. Nous sommes en 2023 et on peut légitimement se demander si le rock’n’roll existe encore.
Quel est le dernier bon disque de rock’n’roll que vous avez écouté ? Une sortie récente et du vrai rock’n’roll, hein, pas Coldplay ou l’album de Blur. Ni une réédition de Johnny Thunders and the Heartbreakers ou du Gun Club. Vous ne savez pas, c’est normal.
Le rock’n’roll, tel que les honnêtes gens l’entendent (à savoir 3 ou 4 personnes plutôt jeunes et en colère, crachant au ciel et invoquant le bruit du tonnerre, toutes guitares en avant), aujourd’hui cela n’intéresse plus personne, sauf pour vendre des places de concerts à des tarifs prohibitifs, instaurant ainsi un étrange tourisme bourgeois dont la raison d’être est le : « je l’ai vu sur scène » (et aussi « j’ai acheté un t-shirt 50 balles, un décapsuleur et des chaussettes avec dessus une grosse bouche qui tire la langue»).
Les jeunes s’en foutent. Ceux qui ont du talent préfèrent, à raison, s’en servir pour faire autre chose et ceux qui ont envie de s’acheter une guitare électrique et de mettre le volume sur 11 sont peu nombreux. On peut donc considérer que le séisme est circonscrit à une période donnée, de 1954 à 1973, en gros. Avec des répliques en 1976, en 1991 et vaguement en 2001. Et puis plus rien. Ce n’est pas grave, même si pour les vieux cons nés au siècle dernier, ça pique un peu.
Peut-on aimer une chose morte? Oui, encore heureux. Personne ne va s’interdire d’aimer, par exemple, les romans de Zola uniquement parce que ces textes sont parus il y a plus d’un siècle. Et écouter « Sgt Pepper» aujourd’hui c’est un peu comme se retrouver à Orsay devant « Le Déjeuner Sur l’Herbe ». Avec l’immense avantage que vous n’êtes pas obligé de vous trimballer à Paris et que, dans votre salon, vous ne serez pas dérangé par l’irruption d’une trentaine de Japonais vous encerclant soudain devant la toile de Manet, façon Blitzgrieg Tour Operator…
Il n’empêche que, de temps en temps, paraissent des disques qui fonctionnent comme une sorte de piqûre de rappel. En général des groupes au format « rock garage ». Et qu’une chose soit claire, il ne s’agit pas là de nostalgie, mais bien de retrouver une « sensation », à la manière dont Peter Guralnick l’entend quand il dit que « le blues, c’est une sensation ». Pour le rock’n’roll c’est pareil, seule la sensation compte et de toute façon c’est la même musique, l’une étant la version commerciale de l’autre.
C’est pourquoi deux niches, parmi le fatras des classifications établies par la presse et les disquaires, sont à même de faire perdurer la sensation dont on parle. D’un coté les groupes dits « psychédéliques », comme « The Black Angels », « The Brian Jonestown Massacre » ou « The Black Rebel Motorcycle Club ». De l’autre des formations « garage » comme « Amyl and The Sniffers », « The Mystery Lights » ou « The Hives ».
The Hives, un groupe comme on les aime. 2 faces pour faire péter 30 minutes de rock’n’roll furieux, à écouter à fond pour faire chier les voisins, tout dans le rouge, en remuant la tête comme un débile. Alors les connards diront que c’est toujours pareil et qu’on à déjà entendu cela 200 fois. On s’en branle et nous les invitons à faire l’acquisition d’une guitare électrique et à nous envoyer leurs démos.
The Hives, c’est la guitare rythmique létale qu’on adore. Jamais de solo. A la place des « riffs » de guitare rythmique. Comme les Kinks, comme Lou Reed (« Sweet Jane » ou « Dirty Boulevard », au hasard), comme Black Francis (« Wave of Mutilation », « Caribou », « Where is my mind », « Nimrod’s son », « River Euphrates », …bon allez, on arrête).
L’aristocratie des accords en barré, l’inverse de Johnny Marr et ses arpèges à la con, la guitare tenue comme un marteau, pour mieux enfoncer le clou. Au paradis, les portes s’ouvrent au son d’un Fa Majeur, c’est bien connu.