OSCILLATEUR HARMONIQUE

Le titre : 1

L’artiste : The Beatles

Le format : 2x33T/30 cm

La date de sortie : 2000

Le genre : Patrimoine mondial de l’humanité

C’est qui ?:  Le cauchemar d’Elvis Presley

Qui joue dessus ?: John Lennon, Paul McCartney, George Harrison, Ringo Starr

Comment ca sonne ? : Joyeux

Qualité du pressage :

Bonne.

Apple Records / Pressage Original EU de 2000

Ce qu’on en pense :

McCartney est un type qui ne rechigne jamais à parler à la presse et à évoquer son passé de « Beatle Paul ». L’inverse de Dylan, qui ne donne plus d’interview, ou de Jagger, qui quand il en donne, essaie de raconter à tout le monde qu’il ne se souvient plus de rien….la putain de blague, quand on sait que, depuis plus de quarante ans, son vrai métier c’est comptable.

En fait, être « Beatle Paul », est le présent de McCartney. Pour l’éternité, et il le sait. C’est pourquoi lire une de ses fréquentes interviews est un exercice difficile. Immanquablement, seront évoqués le destin des Beatles, John Lennon, She loves you yeah yeah yeah, les filles qui font pipi dans leurs culottes en hurlant, Sgt Pepper, etc…Immanquablement, vous vous direz: « Tiens, ça fait longtemps que j’ai pas écouté les Beatles » (au moins 15 jours, pour les cas graves…). Immanquablement vous sentirez monter une grosse envie d’y remédier. Allez zou, c’est bien beau les interviews de Paulo, on met un disque.

Alors…les albums on les connaît par cœur, même les versions remasterisées en Stéréo ou en Mono, les lives…y’en a pas des masses et de toute façon c’est sans interêt, les pirates …bof, l’Anthology de 1994 …c’est trop long et cela reste des documents, plus que des disques…je sais pas…fait chier…allez on arrête de réfléchir et on met la compile « One » (version moderne de la compile « Twenty Greatest Hits – The Beatles », pour les vieux), assemblage de tous leurs singles, dans l’ordre chronologique.

Et là, tout revient. Plus fort que la madeleine de Marcel, ou les réminiscences en petits paragraphes de Perec. Une fois encore, pendant quelques minutes, vous aurez 12 ans, le pick-up ou le walkman auto-reverse sur les oreilles, l’harmonica, la basse qui rebondit, Love, love me do, les deux voix de Lennon et McCartney qui s’assemblent, etc…

Car une chose est frappante à l’écoute, outre la mélodie : l’impact du chant à l’unisson des voix de McCartney et Lennon. Un truc vraiment étrange, comme une sorte de bourdon mystique. On se demande d’ailleurs si la fréquence sonore produite par leurs deux voix n’a pas des propriétés étranges, les mêmes que celles produites par la guitare de Chuck Berry sur l’intro de « Johnny B.Goode » ou l’intro de « Teenage Kicks », ou celle de « Pretty Vacant ». Une sorte de résonance, telle que la physique l’entend.

Pour pas se faire chier, et plutôt que de ressortir le livre de Sciences Physiques du lyçée, que, d’ailleurs, on sait plus où il est, on est allé sur Wikipédia chercher la définition de la Résonance:

La résonance est un phénomène selon lequel certains systèmes physiques (électriques, mécaniques, etc.) sont sensibles à certaines fréquences. Un système résonant peut accumuler une énergie, si celle-ci est appliquée sous forme périodique, et proche d’une fréquence dite « fréquence de résonance ». Soumis à une telle excitation, le système va être le siège d’oscillations de plus en plus importantes, jusqu’à atteindre un régime d’équilibre qui dépend des éléments dissipatifs du système, ou bien jusqu’à une rupture d’un composant du système.

Caramba! Maintenant on comprend tout ! Pourquoi tout le monde aime ça, même les allemands!

C’est particulièrement sensible sur « Love Me Do », « From Me to you » ou « I want to hold your hand », et sur tous les singles véritablement écrits de manière conjointe, c’est à dire ceux du début, quand McCartney et Lennon composaient encore ensemble.  A partir de 65/66, ils écriront séparément, et cela se sentira à l’écoute même si les morceaux resteront signés Lennon-McCartney.  (Exemples : Eleanor Rigby : Paulo / Day Tripper : Lennon).

Tout ça pour dire qu’on reste quand même interdit devant l’enfilade de titres, que tout le monde connaît par cœur, même à 60 ans de distance,  établissant tout de même dans l’inconscient collectif que la musique du XXème siècle c’était cela.

C’est d’autant plus étrange que ce n’est même pas tout à fait du rock’n’roll. Cela en à vaguement la forme, mais si cela en était vraiment, il n’y aurait pas eu de place pour les Stones, leur directs contemporains. En fait, on dirait de la musique pour enfants. Chose qui leur a été reproché à l’époque, par un arrière garde de vieux cons, qui n’avaient en fait que l’aspect infantile à leur reprocher (quelques années plus tard, ces mêmes vieux cons pourront se défouler sur les Stones en essayant de les foutre en taule toute la seconde moitié des années 60).

Love Me do / Fom Me to You / She Loves You / I Want To Hold Your Hand / Can’t Buy Me Love / A Hard Day’s Night / I Feel Fine / Eight Days A Week / Ticket To Ride/ Help !

La plus grande enfilade de singles jamais publiés par un groupe, en seulement 3 ans et 7 mois (d’ Octobre 1962 à Juillet 1965…). A partir de la mort de leur manager, Brian Epstein, l’ensemble se délitera (Sgt Pepper : l’album de McCartney, le Blanc : moitié Lennon, moitié MCCartney, moitié Harrison, Let It Be : les engueulades et la fin, publié après Abbey Road, Abbey Road : un dernier pour la route, avant les actions en justice).

C’est tellement bon qu’on ne peut s’empêcher de considérer les premiers singles des Beatles comme la réponse « karmique » de l’Histoire à Auschwitz. Un truc positif et universel. Pour une fois, des mecs brillants, drôles et intelligents parlaient dans le micro. Et en plus, le monde entier les écoutait. Pour un temps, on a pu penser : Un partout, la balle au centre. Jusqu’à ce que le saint patron des pauvres types assassine Lennon devant chez lui, sur un trottoir New-Yorkais, en plein hiver.

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