BORN TO LOSE

Le titre : L.A.M.F.

L’artiste : The Heartbreakers

Le format : 33T/30 cm.

La date de sortie : 1977

Le genre : Rock’n’Roll

C’est qui ?: La moitié des New-York Dolls

Qui joue dessus ?:  Johnny Thunders, Walter Lure, Jerry Nolan, Billy Rath

Comment ça sonne ? : Furieux

Qualité du pressage :

Bonne.

Réédition et remasterisation de 2021 – Jungle Records/ Pressage Tchèque.

Ce qu’on en pense:

Une histoire hallucinante, pour un disque extraordinaire, dont seuls les types comme Johnny Thunders peuvent être à l’origine.

Engagés par Malcolm McLaren pour participer au fameux Anarchy Tour des Sex Pistols de 1977, Johnny Thunders et ses potes (dont Jerry Nolan, son confrère des New York Dolls) débarquent en Angleterre. Suite au passage télé des Pistols, où un Steve Jones tout bourré offusquera toutes les mémés anglaises en insultant le présentateur, la tournée verra la plupart de ses dates annulées.

Le label de Chris Stamp (le frère de l’autre), Track Records (The Who,Hendrix, Bolan, entre autres), en manque de signature « punk », engage la bande de junkies et les envoie en studio. Ce qui vaut probablement mieux que de les laisser dans la nature, comme en attestent les empreintes digitales de l’Identité Judiciaire anglaise figurant au verso de la pochette, qui sont celles des membres du groupe (les quatre en même temps coffrés par les flics de Leeds, grand chelem, bravo les gars!).

Tout se passe bien en studio. Ce qui sort de la console et des moniteurs du studio convient à l’exigence de fureur des New-Yorkais, sauf que quand le groupe demande une copie de travail sur cassette pour l’écouter, le résultat est tout pourri. Suivrons des semaines de mixages afin d’aboutir à un résultat satisfaisant (c’est a dire reproduisant sur disque la fulgurance de leurs prestations scéniques, parce que quand même, monsieur, le punk, c’est un peu Johnny Thunders et les New-York Dolls qui l’ont inventé et on est pas là pour trier les lentilles).

Croyant l’affaire pliée, Jeannot Tonnerre s’en retourne à New York. Resté en Angleterre, Walter Lure, le guitariste, remixe le tout à sa sauce. Puis c’est le tour de Jerry Nolan, le batteur, de remixer une troisième fois l’ensemble…Si vous avez écouté l’album publié en 77, vous conviendrez surement que le disque est bon, mais que le rendu sonore est proche d’une sorte de bouillie auditive, vous faisant vous demander s’il n’y aurait pas carrément un défaut de masterisation. Les boules.

Que se serait-il passé pour le groupe s’il avait sorti cet album avec le son qu’il souhaitait ? Pour une fois, Johnny Thunders était « the right man in the right time in the right place » . Au lieu de cela, le disque sortira sous un mix indigent avec un son pourri, en amoindrissant l’impact.

En 2020, à la mort de Daniel Secunda (un des deux producteurs), une copie des bandes master a été retrouvée dans son grenier (une bande sans titre, avec la seule mention « Copy Master 12.7.77 »!!!), permettant la remasterisation de cet album et rendant justice à ce que Johnny Thunders avait en tête à l’époque.

Etant sans commune mesure avec le son de l’original, la  nouvelle écoute est proche de l’épiphanie. Une pure giclée de Rock’n’Roll, un des plus grands disque punk de tous les temps. La guitare de Chuck Berry joué par des petits blancs défoncés et des frissons partout à l’écoute d’un groupe de junkies brayant « Boooorn to lose ».

Wayne Kramer avait raison quand il disait: « Johnny serait allé chercher la défaite dans la gueule de la victoire ».

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