EIGHT MILES HIGH

Le titre : Spirit Of Eden

L’artiste : Talk Talk

Le format : 33T/ 30 cm

La date de sortie : 1988

Le genre : Ascenseur pour la stratosphère.

C’est qui ?: Le groupe de l’immense Mark Hollis.

Qui joue dessus ?: Mark Hollis/Lee Harris/Paul Webb/Tim Friese-Greene et 13 autres musiciens.

Comment ca sonne ?: Comme un rêve de pierre.

Si c’est une réédition ou un vieux machin, est-ce que ça a bien vieilli ?

Réédition de 2012. Rien à dire. En bonus et insérée dans le vinyle, une copie de l’album sur DVD, réalisée à partir des masters analogues. Ils ont du goût chez Parlophone.

Ce qu’on en pense:

Qui pourrait penser, à l’écoute de cet album, que c’est le même groupe qui a vendu des millions de disques au début des années 80. Avec deux premiers albums tendance pop à synthé (voir « It’s my life »ou « Such a shame »,et sa vidéo pour le moins étrange, replacée dans le contexte de l’époque) Talk Talk avait doucement entamé en 1986 un changement de registre avec l’extraordinaire « The Colour Of Spring » .

On se rappelle la cassette achetée chez le disquaire local (à l’époque il y en avait un dans chaque ville, même petite…) et le traumatisme qui s’en suivit. Finis les synthés ! Une production sèche, avec une batterie qui sonnait.…comme une batterie (en 86 c’était vraiment pas la norme), une chorale d’enfants, 20 pippos à l’unisson, et des mélodies, des vraies! Et la voix ! Désormais audible, et non plus noyée au milieu des nappes de claviers Korg ou Roland. La voix de Mark Hollis ! L’homme qui chantait comme un cuivre ! 

Et nous n’avions encore rien vu, ou entendu. En 1988, Mark Hollis et Tim Friese-Green, normalement producteur , mais en fait 5èmeBeatles du groupe puisqu’il co-signera désormais les compositions, s’attèlent à la production de l’album suivant. Pour ce faire, ils convoquent des musiciens en studio et leur demandent d’improviser avec leur instrument de prédilection, sans aucune indication, et ce dans un large registre : harmonica, basson, clarinette, cor anglais, dobro, etc…. Une fois les enregistrements réalisés, ils en assemblent certaines parties pour constituer les arrangements des chansons.

Le résultat est époustouflant. Unique. Un chef d’œuvre qui ne ressemble à rien d’autre. Des morceaux à la structure peu commune, un son particulier, et une voix à tomber par terre. Il y a même un solo de craie sur tableau noir.

Par contre, c’est parfaitement invendable. Pas un single, pas un riff, rien d’accrocheur, un cauchemar pour EMI. Le plus beau suicide commercial qui soit. Le vrai, pour l’amour de la musique. 

Mark Hollis est mort cette année, bien trop jeune, et tout le monde s’en fout.

C’est terrible. 

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