PERDU DANS LE MIX

Le titre : Raw Power

L’artiste : Iggy & The Stooges

Le format : 33T/2×30 cm.

La date de sortie : 1973

Le genre : Chef d’œuvre d’airain

C’est qui ?: Le groupe preferé de Jim Jarmusch

Qui joue dessus ?: Iggy Pop, James Williamson, Ron Asheton, Scott Asheton

Comment ca sonne ? : Dangereux

Qualité du pressage :

Excellente.

Réédition de 2012 – Columbia Records – Pressage US

Ce qu’on en pense :

Vous connaissez surement cet album. Et vous vous êtes sans doute demandé s’il n’y avait pas un problème avec le mixage. Et ce, dès l’écoute du premier morceau, le mortellissime « Search & Destroy ».

Le genre de morceau impossible à écouter en sourdine. A fond ou rien, les voisins qui hurlent, vos parents (ou la daronne) qui débarquent en gueulant « C’est quoi ce bordel ? T’es sourd ?». Rien à foutre, tout pour la décharge, et après moi le déluge.

Sur ce morceau, James Williamson défouraille une partie de guitare extraordinaire qui peut, à l’aise,  être considérée comme un des plus grand moment de rock’n’roll jamais enregistré. Sauf que…on l’entend à peine.

En charge du mixage, sa majesté David Bowie avait en 1973 pris le parti de mettre en avant la voix d’Iggy Pop, d’enterrer la guitare dans le mix et d’assourdir complètement la basse. Pour le plus grand plaisir de Ron Asheton, relégué à cet instrument alors qu’il était à l’origine guitariste  sur les deux premiers albums et n’était responsable que de quelques petits riffs  insignifiants dont personne ne se souvient, comme par exemple «TV Eye», «No Fun» ou «I Wanna Be Your Dog»…

En 1997, Iggy Pop a remixé l’ensemble et cette édition présente les deux versions, remasterisées. Et sur sa version il y a une différence notable, un peu comme si on avait allumé la lumière. Sur le mix d’Iggy Pop on entend la basse et la guitare, et cela change tout. Etant déjà tétanisant dans le mix de Bowie, l’ensemble du disque sonne désormais comme la déflagration terminale d’une certaine idée du Rock’n’Roll. Celle qui veut vous griller la cervelle, imprimer directement dans votre cerveau reptilien, sous un déluge éléctrique sans précédent, la phrase d’entame de l’album « I’m a street walking cheetah, with a heart full of napalm », révélant instantanément l’adolescent cramé qui est en vous et vous permettant de le redevenir pendant 3 minutes et 26 secondes incandescentes. Un véritable spasme cognitif.

Si des archéologues extra-terrestres débarquent chez vous et vous demandent : «C’était quoi cette musique bruyante que les gens écoutaient au XXème siècle », passez leur un exemplaire de ce disque. Enfin bon, ça c’est au cas ou vous auriez paumé votre exemplaire de « Fun House ».

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