LE ROBERT & COLLINS

Le titre : Can Your Please Crawl Out Your Window ? / Highway 61 Revisited

L’artiste : Bob Dylan

Le format : 45T/17,5 cm.

La date de sortie : 1965

Le genre : La Pléiade en lunettes noires et chemise à pois

C’est qui ?: Un mec qui veut mourir sur scène

Qui joue dessus ?: Bob Dylan, Michael Bloomfield, Al Kooper, Paul Griffin, Bobby Gregg, Harvey Goldstein, Charley McCoy, Frank Owens

Comment ça sonne ? : Comme un bastringue lysergique

Qualité du pressage :

Parfaite.

Réedition en Mono de 2011 – Columbia Records – Pressage US

Ce qu’on en pense :

Dans l’industrie du disque, il y a des trucs bizarres.

Qu’est ce qui fait, par exemple, que les types de Columbia Records ont décidé de sortir un single de Dylan avec « Can you please crawl out the window ? » en face A et « Highway 61 revisited » en face B ?

Bon d’accord, c’était un inédit. Bon d’accord, ça ressemble un petit peu à « Like a Rolling Stone », sorti la même année. Bon d’accord, leur métier c’est de vendre des disques. Mais bon, si Dylan ne l’a pas mis sur l’album, il y a une raison (même si à l’époque il était courant de ne pas mettre le single sur l’album, mais on ne peut pas dire que cela en soit un). Et, euh…, ils le connaissait le morceau qu’ils ont décidé de reléguer en face-b? Pourtant, à l’écoute, on est prévenu dès le début. Un riff d’orgue hyper entrainant, un sifflement bizarre genre kazoo, et surtout deux vers d’entame qui défoncent tout :

Oh God said to Abraham, « Kill me a son »

Abe says, « Man, you must be puttin’me on ».

Que l’on peut traduire par : Dieu dit à Abraham : « Sacrifie moi un fils » / Abe répondit : « Non mais, tu te fous de ma gueule ? ». Vous conviendrez surement que peu de chansons dans le registre pop/rock commencent de cette manière. Et tout le reste du texte est à l’avenant. Typique de Dylan. Intelligent, lettré, drôle mais difficile d’accès si on n’est pas d’origine anglo-saxonne (du genre les allusions a Shakespeare, que la plupart des gens parlant la langue de  Victor Hugo ne capteront pas).

Le problème avec Dylan, c’est qu’avec sa voix de « canard qu’on étrangle » (que beaucoup ne supportent pas, ce qui peut s’entendre), on ne comprend rien de ce qu’il raconte. Alors on écoute quand même les disques, délaissant le texte,  mais en trouvant cela super quand même. Et on les re-écoute, encore et encore. Et un jour on fait l’effort d’essayer de comprendre les textes. Et là…On contemple le haut de la falaise en se disant que c’est encore mieux que ce qu’on croyait, si c’était possible…. Vous avez déjà essayé d’écouter ce qu’il raconte dans « Like a Rolling Stone »? Essayez, vous verrez.

Du coup, on envie les Anglo-Saxons d’y avoir accès sans effort. Pas trop longtemps, quand même. Molière, Hugo, Baudelaire, Camus ou Céline dans le texte, cela doit vraiment être galère pour un Américain.

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