BON COMME LE PAIN

Le titre : Sunshine Superman

L’artiste : Donovan

Le format : 33T/30 cm.

La date de sortie : 1966

Le genre : Pop music, avec un « P » majuscule

C’est qui ?: Le seigneur de la mélodie raffinée

Qui joue dessus ?: Donovan, Bobby Ray, « Fast » Eddy Ho, Shawn Philips

Comment ca sonne ? : Aérien

Qualité du pressage :

Parfaite.

Réédition de 2005 (En mono) – SUNDAZED– Pressage US

Ce qu’on en pense :

Ce pauvre Donovan…Dans le documentaire historique de Pennbaker consacré à Dylan (« Don’t Look Back » – si vous ne l’avez pas vu, il faut faire quelque chose), tout le monde se souvient du hippie sémite en lunettes noires, lisant les charts à sa cour dans sa chambre d’hôtel anglaise, et gueulant « WHO’S THAT FUCKIN’ DONOVAN? ».

Du coup, évangélisant les paroles de Dylan, beaucoup ont cru que Donovan était un mec qui faisait de la variété et qui empêchait son altesse Le Zim d’être premier au billboard. Il est vrai qu’a l’époque, Dylan était extrêmement défoncé, extrêmement prétentieux, mais d’une forme de prétention qu’on pardonne à ceux dont les cheveux sont ébouriffés par le vent de l’histoire. Toujours est-il que ce pauvre Donovan est passé pour un con, alors qu’il n’en est rien.

Sorti en 1966, ce disque (son troisième album) précède l’immense succès de « Mellow Yellow » sorti l’année suivante, succès qui finira de le placer dans la catégorie des chanteurs « gentillets ». Comme si la gentillesse était un défaut alors que tout le monde sait que c’est une forme de noblesse. Nick Drake par exemple, son direct contemporain, et dont la musique est proche, conserve lui une toute autre aura. Mais bon, s’il faut se suicider pour entrer dans l’histoire, non merci. Même si certains pensent apparemment que cela améliore la musique, on se demande encore pourquoi. On aurait quand même préféré voir Kurt Cobain « rouiller »,  et faire mentir Neil Young, plutôt que d’avaler une cartouche de 22. Ce sont d’ailleurs les mêmes qui reprochent à McCartney son coté « gentillet choupinou », l’opposant à l’aspect plus Rock’n’Roll de Lennon. N’importe quoi, et de toute façon, des deux, le génie c’était McCartney.

Sur ce disque, comme sur le précédent (« Fairytale »), émerge l’immense talent de mélodiste de Donovan. Talent qui se concrétisera de manière éclatante sur les deux albums suivants, « Mellow Yellow » et « The Hurdy Gurdy Man ».

Oublié de l’histoire, car moins flamboyant que ses contemporains, Donovan à pourtant sa place à coté de Ray Davies, Lennon et McCartney. Il suffit d’écouter le dernier morceau de l’album (« Celeste ») pour s’en convaincre avant de tomber dans les  pommes complètement « syndromedestendhalisé ». Une mélodie d’une telle beauté que Nick Cave s’est dit en l’écoutant qu’il ferait pareil avec les Bad Seeds quand il serait vieux et sevré.

Non content d’avoir appris le finger-picking aux deux Beatles lors de leur séjour en Inde en 68, Donovan a aussi élevé un des innombrables fils illégitimes de ce trouduc de Brian Jones. La gentillesse comme forme ultime de la noblesse. Malheureusement pour lui, et pour nous tous, le monde appartient aux toxiques.

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