DÉCALOGUE

Le titre : Berry Is On Top

L’artiste : Chuck Berry

Le format : 33T/30 cm.

La date de sortie : 1959

Le genre : ROCK’N’ROLL

C’est qui ?: Le mec qui a joué avec Christophe Pie

Qui joue dessus ?: Chuck Berry, Johnnie Johnson, Fred Below, Willie Dixon, Ebby Hardy

Comment ca sonne ? : Trop bien. On soupçonne certaines fréquences produites par la guitare électrique d’avoir un effet direct et irrémédiable sur le cerveau reptilien.

Qualité du pressage :

Excellente.

Réédition de 2013 (en Mono) – Wax Time – Pressage EU

Ce qu’on en pense :

C’est l’Été, la saison de la jeunesse, des filles en jupes et des plombiers en short.

Et qu’est ce qu’on a envie d’écouter un soir d’été en regardant griller les merguez, une bière à la main avec ses copains ? Chuck Berry, bien sur, l’apôtre électrique de la jeunesse éternelle.

Digression 1:

Si vous n’éprouvez pas l’envie d’écouter Chuck Berry lors d’un barbecue entre amis un soir d’été, vous avez peut-être un problème (ou alors vous êtes allemand). Ce n’est pas très grave et cela peut s’arranger. Ou bien vous êtes né au XXIème siècle, ce qui est moins grave qu’être allemand, mais qui peut aussi se soigner en allant voir votre tonton qui se fera un plaisir de vous expliquer les joies de la musique binaire amplifiée. Vous trouviez déjà qu’il était un peu craignos, là c’est bon, vous pourrez le ranger dans la case « vieux con ».

Si Moïse avait joué dans un groupe de Rock, au lieu de glander dans le désert avec ses copains, il serait sûrement descendu du Mont Sinaï avec ce disque sous le bras. Sorti en 1959, cet album de Chuck Berry a un certain coté « Tables de la Loi », tant les titres qui le compose semblent appartenir au patrimoine mondial de l’humanité. Sur les douzes titres, six peuvent être considérés comme des cathédrales de la musique rock (Carol/Maybellene/Johnny B. Goode/Little Queenie/Roll Over Beethoven/Around And Around), une d’elle ayant même été envoyée dans l’espace à destination des potentiels extra-terrestres qui ramasseront la sonde Voyager. Lennon n’avait pas tort quand il disait que si on voulait donner un autre nom au Rock’n’Roll, on pourrait l’appeler « Chuck Berry ».

Alors pourquoi on écoute encore ce disque plus de 60 ans après sa parution? On ne va pas se lancer dans un cours d’histoire chiantissime, parler du label Chess ou du fait que Berry a vendu des disques parce qu’il chantait comme un blanc alors qu’il ne l’était pas (l’inverse d’Elvis). Ni du fait que, comme ses copains noirs qui ont « écrit le livre »  avec lui (Little Richard et Bo Diddley), il a toujours gardé du ressentiment vis à vis de tous ces p’tits blancs qui lui ont piqué sa musique. Des anglais, en plus…

Digression 2:

A ce sujet, il existe une scène extraordinaire figurant dans le documentaire « Hail hail Rock’n’Roll » (facilement consultable sur Youtube), où on voit Chuck Berry, son groupe, et Keith Richards répéter « Carol » en vue d’un concert. Jamais le dernier quand il faut se comporter comme un connard, Berry fait rejouer à Richards l’intro du morceau des dizaines de fois, juste pour l’emmerder et voir s’il l’anglais va craquer et lui coller un pain. Sous-titre : c’est ma musique, rends moi la monnaie, aujourd’hui tu passes à la caisse.

On écoute ce disque parce que les parties de guitares sont extraordinaires,et qu’au bout du compte, on peut dire ce que l’on veut, mais le rock’n’roll C’EST la guitare électrique.

On écoute ce disque parce que l’intro de « Johnny B.Goode » et de « Roll Over Beethoven » sont peut être les plus beaux sons qu’un homo-sapiens ait jamais produit.

On écoute ce disque parce que les textes sont formidables et sonnent comme des riffs de guitare, justement. Un exemple, parmi d’autres, extrait du texte de Johnny B. Goode : « But he could play a guitar just like a-ringin’ a bell ». Essayez de le dire à haute voix. Même avec un accent français des Combrailles, ça sonne. On a donné le Nobel de littérature à Dylan, on aurait aussi bien pu le donner à Berry.

On écoute ce disque parce qu’on en a rien à foutre qu’il soit sorti il y a plus de 60 ans. On ne va quand même pas s’interdire d’aimer la peinture de la Renaissance Italienne sous prétexte qu’elle a plus de 500 ans ? Là, c’est pareil. Roll over Beethoven, tell Tchaïkovski the news.

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