LOI MALRAUX

Le Titre : The Real Folk Blues

L’artiste : Muddy Waters

Le format : 33T/30 cm

La date de sortie : 1966

Le genre : Ooooooh Yeeeaaaah !

C’est qui ?: Le papa de Keith Richards

Qui joue dessus ?: Muddy Waters et son groupe

Comment ca sonne ? : Tout noir

Qualité du pressage :

Introuvable en pressage original.

Écouté en numérique.

Ce qu’on en pense :

Autrefois, une chanson populaire en France, attribuée à un baltringue que l’histoire de la musique oubliera (on se base sur une échelle mondiale pour dire ça, et sur un état des lieux sérieux de l’histoire des musiques populaires),  commençait par cette ligne : « Touteuh la musique que j’aimeuuuh, elle vient deuh là, elle vient du Blues ». Même si nos souvenirs restent flous vis à vis du chanteur en question (il paraît qu’il aimait bien les motos), il semblerait que ce soit pourtant le truc le plus intelligent qu’il ait jamais dit. C’est déjà ça.

Que lui aime ça, vu ce qu’il en a fait, on s’en fout. De la même manière qu’on ne va pas se faire piquer le drapeau et l’hymne national par les fachos, on ne va pas non plus se faire voler le blues par des types dont la carrière est une escroquerie, voir une insulte au « Darwinisme musical ». (Bon d’accord, le Darwinisme musical on vient de l’inventer, mais c’est tout ce qu’on à trouvé pour exprimer l’influence du Blues sur la musique populaire et instruire l’arnaque propagée par ce genre de chanteur dont toute la carrière hurle : « Cette musique n’est pas la mienne, mais je ferai tout pour vous faire croire que si ».)

Bon. On s’égare un peu du sujet, mais des trucs comme, ça c’est pas possible. Le blues, c’est un truc sérieux. Sans le blues, rien sous le soleil.

De blues, il y en a deux. Celui des paysans (des esclaves, pardon…) du Delta du Mississippi. Et celui des mecs qui plus tard ont réussis à se tirer vers le Nord, à Chicago en particulier. Le premier est acoustique (un mec tout seul à la guitare, qui parle au cosmos au nom de l’humanité). Le deuxième est électrifié (un type avec un groupe, qui laisse son guitariste faire des solos de deux heures). Le premier est fascinant. Le deuxième, un peu moins.

Le pont entre le premier et le deuxième? Muddy Waters, barré de sa plantation du sud vers Chicago dans les années 50. Echappé de l’enfer sudiste, c’est à lui qu’on doit l’électrification du blues des origines.

Le problème avec ces musiciens, c’est que leur discographie est absolument imbitable. Vu que tout le monde se foutait de les enregistrer, 70 ans plus tard on n’y comprends plus rien. Et depuis que les droits sont tombés dans le domaine public, c’est la porte ouverte à n’importe quelle réédition douteuse par des labels italiens au son pourri (véridique). Sans déconner, le ministère de la culture des Etats Unis d’Amérique (si cela existe) devrait s’occuper de rééditer tout cela proprement, parce que là c’est l’enfer. C’est comme si en France on avait laissé pourrir le « Déjeuner sur l’herbe » dans une cave du 6ème arrondissement.

Au milieu de ce cauchemar éditorial, on ose même pas parler des disques qu’on a achetés et qui sont en fait des pirates. Si on devait se rabattre sur les publications officielles, on choisirait ce disque. Même si on ne sait pas trop ce que c’est, sauf qu’il contient des enregistrements allant de 1949 à 1964, mais comme il s’agit de Chess Records, le label de Chuck Berry, on leur fait confiance.

Ce qu’on sait par contre, c’est que le premier morceau (« Mannish boy ») résume à lui tout seul la carrière de Muddy Waters. Le monolithe de « 2001, l’odyssée de l’espace » du blues électrique. Tous les sujets dans un seul morceau. Tout noir. Tout vibrant. Tout beau. Une fois que vous l’avez vu, comme les singes du film de Kubrick, vous êtes transformé.

Le riff d’intro, qui résonne comme étant LE riff du blues électrique (Ta Din Ta Da din). Le son bastringue, qui sent bon le « juke-joint », la gnôle et la baston du samedi soir. Le texte, libidineux et à double sens comme le sont la plupart des textes des bluesmen. Et par dessus tout, la voix. Vu le texte, du genre viril, un mec qui chante d’une voix vibrante « I’m a maaaaaan » pourrait paraître déplacé. Mais quand  il s’agit d’un noir  américain né en 1913 et ayant travaillé dans une plantation du Mississippi, la résonnance est toute autre.

PS: Pas besoin de préciser qu’une des lignes du texte de ce morceau est « I’m a rolling stone », et que Brian Jones n’étant pas sourd, etc, etc….

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