SA GUITARE ET SON COUTEAU

Le titre : The Alan Lomax Recordings

L’artiste : Fred McDowell

Le format : 33T/30 cm

La date de sortie : 2011

Le genre : Blues létal

C’est qui ?: Un fermier

Qui joue dessus ?: Fred McDowell

Comment ca sonne ? : Naturel

Qualité du pressage :

Moyenne.

Mississippi Records – Pressage US – Pressage original de 2011.

Ce qu’on en pense :

Il n’y a pas de mot pour décrire l’importance du travail d’Alan Lomax, le type qui a documenté les musiques vernaculaires américaines, tout seul avec son magnéto sous le bras. La musique des malpropres dont tout le monde se fout aux Etats-Unis. Celle des bouseux des Appalaches ou celle des esclaves des états ségrégationnistes. Son travail le plus célèbre, autant que le plus déterminant, étant la série d’enregistrements qu’il réalisa en 1941/42 dans les états du Sud, avec, entre autres, les premiers enregistrements de Muddy Waters et de Son House. On imagine même pas l’effet que cela doit faire de poser son magnéto devant Son House et de l’écouter vibrer en direct, à 50cm…un coup à faire un AVC.

Presque vingt ans plus tard (1959), Lomax retourna dans le Sud pour voir s’il n’avait rien raté, sans se faire d’illusion et se disant que la plupart des types devaient être canés. C’est ce que racontent les excellentes notes de pochette de ce disque (cherchez pas, sur Spotify y’a pas…), où on apprend que Lomax, en train d’enregistrer tranquillou les frères Pratcher (des types sortant plutôt un répertoire de minstrel songs) voit débarquer leur voisin qui vient de rentrer du boulot. Ce type, qui revient de son champ de coton (cliché, mais véridique) c’est Fred McDowell.

Salut les gars, ça va ? Ouais je veux bien une bière…Tu me passes ta guitare Lonnie? Je peux vous jouer un truc? Et là….Lomax et Collins (un musicien anglais qui l’accompagnait) ont du triper comme des gorets à l’écoute du blues dépouillé mais vivace du fermier. Bingo! Ils ont trouvé un mec qui était passé sous le radar.

Fred McDowell, né en 1905,  avait jusque là passé sa vie à travailler comme fermier, jouant de la guitare le samedi soir pour ses copains, puis dans les pique-niques et fêtes de mariage (schéma récurent chez les bluesmen du Sud). De la guitare slide, avec les moyens du bord, se servant d’un os ou d’un couteau en guise de bottleneck. Ou du cou d’une bouteille de gin Gordon’s qui, selon lui, donne « un son plus clair ». Plus vernaculaire, tu meurs.

Pour ceux qui aiment le blues des origines, celui du Delta (le seul, en fait), ces enregistrements de 1959 sont extraordinaires. Un type tout seul à la guitare, dont la facture slide grossit le son. En fait la guitare chante, autant que le bonhomme qui en joue. Comme par exemple sur le morceau « When You Get Home Please Write Me Your Lines », à la partie de guitare hallucinante. Brutale et tonique comme un morceau des Stones. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien, qu’ayant repris un de ses morceaux («You Got To Move » sur « Sticky Fingers ») ils lui ont offrirons un habit de lumière (un costume lamé argent).

Il mourra juste après et sera enterré avec. Trop tard.

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